Une porte de sortie trouvée

- Boni Yayi peut se réjouir d’avoir réuni Epiphane Quenum et les autres acteurs politiques autour de la Lépi
La mise sur pied d’un groupe de travail composé d’un représentant de chaque partie sur les dysfonctionnements du processus de réalisation de la Lépi qui va déposer son rapport dans les 48 heures, le report de la date du 15 mars alors prévue pour lancer le recensement national, la non suspension des activités dans le cadre de la réalisation de la Lépi et des rencontres périodiques pour échanger. C’est entre autres les recommandations auxquelles sont parvenus après six heures d’horloge, les acteurs impliqués dans le processus de réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Et ceci devant le chef de l’Etat. Ces acteurs ont pour noms l’Union fait la nation, le G13, l’Umpp et les Fcbe, les présidents des institutions à l’exception du président de la Cour constitutionnelle, Me Robert Dossou, les confessions religieuses et le gouvernement. Deux rapports ont été présentés à cette occasion. Le premier par le Superviseur général de la Cps et le second par la présidente de la Miréna. La proposition du président Bruno Amoussou a reçu l’aval des membres du G13. Mais un point de divergence a surgi lors de cet échange. Le président Bruno Amoussou a insisté pour qu’une pause soit observée pendant que le groupe de travail élaborer son rapport. Ce qui n’est pas l’avis de l’honorable Arifari Bako. A l’issue de ces échanges, il est arrêté que le chronogramme soit également revu pour la bonne marche de l’opération. Les écueils rencontrés dans la conduite du processus semblent être progressivement levés pour un dénouement heureux de la situation.
Déclarations des acteurs impliqués dans le processus de la Lépi
Eugène Azatassou
" La tutelle de la Cps en tant qu’organe politique est nécessaire, mais quelle est la limite de cette tutelle "
" Il faut féliciter ceux qui ont travaillé, surtout ceux de la Mirena. Ils ont peiné, ont eu des conditions difficiles de travail. La tutelle de la Cps en tant qu’organe politique est nécessaire, mais quelle est la limite de cette tutelle, une question importante qu’il faut résoudre et beaucoup d’autres problèmes. Malgré ces problèmes, ils sont déterminés et c’est cette détermination que nous attendons de tous les acteurs politiques. Qu’on ne s’arrête pas seulement à dire les problèmes, mais qu’on s’engage plus. Quand on tire à boulets rouges par presse interposée, il y a des présupposés. Mais c’est mieux de se parler face à face comme cela se fait maintenant. Les deux structures ont occulté les problèmes internes ; il serait bon d’en parler ".
Bruno Amoussou
" Si nous sommes les seuls à être inquiets, on attendra les voyageurs à la gare en leur souhaitant bon voyage "
" Nous ne sommes pas des locomotives sans frein. Le recensement national est prévu pour être lancé le 15 mars, mais il se fait qu’il y a un débat autour de la date. Pour certains, elle sera reportée d’une semaine, pour d’autres elle sera respectée, pour d’autres encore la saison des pluies approche. Si nous sommes les seuls à être inquiets, on attendra les voyageurs à la gare en leur souhaitant bon voyage. Mais les choses sont évidentes. Je remercie au passage l’expert du Pnud qui a montré l’idéal dans le processus. Mais les contraintes du terrain doivent être intégrées. Si parmi tous ceux qui ont entendu la même chose que nous, personne n’est inquiet et on trouve que tout va bien, nous souhaitons à ceux qui veulent continuer de continuer. Mais nous, nous n’allons pas nous associer à cela, de façon très honnête. Il est apparu et c’est l’intérêt de cette rencontre, que nous n’avions pas commencé par soulever des dysfonctionnements dès l’installation des instances, nous avions laissé les instances fonctionner pendant quatre mois et c’est en voyant ce qui se passe que nous avons commencé à attirer l’attention. Ce n’est donc pas une position a priori. On laisse entendre que ce sont les fraudeurs habituels qui ne veulent pas de la Lépi, donc que la fraude serait la source de ceux qui gagnent, il faille laisser ce raisonnement-là sinon ce serait dangereux en ce sens que si on gagne c’est qu’on a fraudé. Non et non. Donc, ceux qui le distillent, il faut qu’ils sachent quel est l’impact de ce discours-là. Nous sommes dans la logique qu’un groupe travaille sur les dysfonctionnements, et décline ce qui est du domaine de la loi, ce qui est du domaine de l’exécutif s’il y en a et du domaine de fonctionnement des organes mis en place. En une journée de travail, cela est faisable. Les gains qu’on veut obtenir en refusant de s’asseoir pour discuter ne créent pas de perte par la suite. Je remercie le président pour le temps consacré à nous, le superviseur général et la présidente qui ont fait l’effort dans leur réponse d’éviter tout ce qui est polémique.
Arifari Bako
"On ne peut pas se réunir et sortir d’ici sans proposition. C’est une insulte à l’intelligence de ce peuple"
" Je voudrais dire que le G13 soutient la proposition de mettre un comité en place. Je pense après tout ce qui a été évoqué ici comme insuffisances, qu’il est tout à fait nécessaire qu’on mette sur pied un groupe de travail pour examiner tous ces éléments. Ce groupe de travail sera composé d’un représentant de l’Un, du G13, de l’Umpp ou de Fcbe et de la société civile. Que ce groupe de travail dépose son rapport le lundi 15 mars au plus tard pour qu’on puisse avancer. Et que les activités du groupe de travail ne soient pas suspensives de ce qui se fait comme travail. Je pense que nous devons nous entendre sur un minimum et qu’on ne peut pas se réunir et sortir d’ici sans proposition. C’est une insulte à l’intelligence de ce peuple. Je pense qu’il y a possibilité de dialoguer pour que dans les jours à venir, le groupe de travail puisse définir les bases d’un vrai consensus. Si le groupe de travail décide qu’il faille éventuellement modifier la loi, il fera des propositions qui seront examinées. Et des dispositions seront prises au niveau des institutions compétentes pour aller le plus vite possible. Je pense que ce soit la Cps lépi qui prenne une décision dans son rôle pour désigner ce groupe de travail et que les différents acteurs ici présents s’engagent devant tout le monde à donner la liste des membres dès demain mercredi à 18heures.
Urbain Amagbédji
" Nous n’avons pas une structure cohérente de réalisation de la Lépi"
" Il ne nous appartient pas d’enfoncer le clou, mais de trouver une porte de sortie
Le seul constat est que nous n’avons pas une structure cohérente de réalisation de la Lépi. C’était comme si votre gouvernement se révolte contre vous-même.
Il y a un dysfonctionnement patent et éloquent que votre autorité, avec l’appui des partis politiques et les Ptf doivent nous aider pour remettre le train sur les rails. Nous pouvons avoir la Lépi, techniquement cela est possible, le reste n’est que question d’hommes, de volonté et d’ouverture. Je souhaite qu’on trouve le cadre technique nécessaire pour mettre à plat les problèmes et trouver des solutions ".
Boni Yayi
" Nous sommes arrivés à un moment où il est nécessaire que nous nous tenons la main "
" Il serait difficile aujourd’hui de dire que nous arrêtons le processus. Je souhaite avec la volonté politique qu’on aille ensemble et qu’on fasse cela ensemble. Nous sommes arrivés à un moment où il est nécessaire que nous nous tenons la main, c’est indispensable pour la paix dans ce pays et pour la crédibilité. Je vous remercie d’avoir proposé cette rencontre. Chacun est en train de prendre conscience de l’importance de la question. A vrai dire, cette occasion m’a permis d’avoir une idée exacte de ce qu’ils font. Chacun doit savoir aussi s’adresser à l’autre, la courtoisie et le respect de l’autre. Tout le monde veut la paix dans ce pays, de la Lépi mais en y allant ensemble. On peut avoir un consensus politique pour arriver à une démarche technique et c’est ce qui doit se faire. Honorable Quenum, c’est la énième fois que je vous le dis, ne vous accrochez pas à dire la loi a dit. Nous retenons qu’à partir du 15 mars, il n’est plus possible de lancer le recensement national, que la communication soit faite pour bien sensibiliser, qu’on se rencontre périodiquement une fois par mois jusqu’au moment ou vous pouvez dire on arrête les rencontres, les moyens qu’il faut remettre à la disposition des forces politiques pour qu’elles sachent ce qui se fait sur le terrain. C’est le cri de cœur qui vient de notre nation, que nous puissions poursuivre ".
10-03-2010, Charles YANSUNNU


















