Ça va chauffer au Palais de la Marina ce jour
La rencontre entre le chef de l’Etat et les acteurs impliqués dans la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) s’annonce houleuse ce jour. Car la trame de cet échange constitue l’examen d’un rapport produit par la Mission indépendante pour le recensement national approfondi (Mirena) pour évaluer à mi-parcours le processus de réalisation de la Lépi. Sont conviés à cette séance, les membres de l’Union fait la Nation (Un) et de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp), les membres de la Commission politique de supervision (Cps), de la (Mirena), de la Société civile et le ministère chargé des relations avec les institutions. Cet échange pourrait être porteur de polémique quand on sait que la Cps couve une guéguerre dont l’issue est encore incertaine. De quoi s’agit-il ? Le superviseur général de la Cps, Epiphane Quenum devrait prendre une décision pour autoriser un comité à travailler sur ledit rapport et à le présenter ce jour devant le chef de l’Etat. Mais aux dernières nouvelles, c’est le superviseur lui-même qui a préparé ce qu’il va présenter au président Boni Yayi. Ce qui n’est pas du goût des autres membres de la Cps qui n’entendent pas donner leur langue au chat devant le premier magistrat. Et c’est d’ailleurs l’objet de la séance plénière qui a eu lieu hier au siège de la Cps à l’hôtel Plm Alédjo.
Par ailleurs, l’honorable Eric Houndété sur l’émission Zone franche de Canal 3 a déjà annoncé les couleurs. « Il n’y a rien à espérer de cette rencontre » a-t-il déclaré. Pour lui, les récriminations de l’Union fait la nation quant au processus de réalisation de la Lépi ne s’adressent pas à la Mirena mais plutôt à la Cps. Mieux, il a précisé qu’il y a un déséquilibre entre les chiffres avancés dans le cadre de la cartographie censitaire et le taux de croissance prévu par l’Insae. A tout cela s’ajoute au dire de l’honorable Houndété, la volonté manifeste de l’actuel locataire de la Marina de réaliser une Lépi pipée d’avance. Le délai d’une quinzaine de jours qui est passé à plus de quatre quinzaines pour mettre le rapport sur la table du chef de l’Etat, les constats de la mission de l’Onu, la correspondance du chef de l’Etat adressée au président de l’Assemblée nationale pour déclarer irrecevable la proposition d’abrogation de la loi sur la Lépi et le volte-face de ce dernier sont autant d’actes qui confortent les membres de l’Un dans cette position. C’est dire donc que ce jour au palais de la République, les différents camps ne se feront pas de cadeaux. Et, au vu de la tension d’avant cette rencontre, il faut s’attendre au meilleur des cas, à une radicalisation des positions entre les deux camps qui s’affrontent autour du processus de réalisation de la Lépi.
9-03-2010, Charles YANSUNNU


















