L’hypothétique remboursement des fonds
L’affaire Icc services n’a pas fini de chambouler la République, de provoquer un cyclone d’incertitudes et un vent de mésaventure. Et elle fait éclater une vérité à l’image de l’ampleur du sinistre répandu par les escrocs du placement d’argent. " Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple " écrit crûment Jean Giraudoux. En plein sommeil, le peuple est douché par le gang Icc services et le voilà noyé et effaré. Le rêve a tourné au cauchemar. Dans le méli-mélo traumatisant et les vapeurs toxiques du scandale, une question devient envahissante. A quand le remboursement des victimes de la prestidigitation des clowns vicieux de Icc services ? Ne mettons pas la charrue avant les bœufs car l’idée même de remboursement est dans l’enveloppe du doute. Soyons alors moins surréalistes et moins exigeants. La date ou le délai de paiement suppose la disponibilité de fonds. Concrètement, les épargnants seront-ils remboursés ?
Avec le paradis avorté et la descente aux enfers, certains continuent de demander la lune. Les magiciens de Icc services avaient promis cette lune à la nation qui s’est empressée de jouer au Pmu, condition sine qua non pour espérer décrocher la fameuse lune. Mais tous les chevaux sortis de la misérable écurie Icc services et sur lesquels reposent les paris sont moins que des toquards. Conséquence : tous les chevaux, poulains et juments y compris, ont drôlement quitté l’hippodrome. Naturellement les résultats du quarté et du tiercé donnent le Néant. Les parieurs avaient beaucoup investi dans ce Pmu sans connaître la nature de ces chevaux. Ils sont obligés de se comporter en Pangloss et de développer un optimisme béat quant au remboursement de leurs sous.
"La vérité, l’âpre vérité" disait Danton devant une cruelle évidence. Et l’évidence, donc la vérité ici est que les escrocs de Icc services avaient soigneusement organisé leur insolvabilité. Séchez vos larmes épargnants, car les pleurs ne peuvent fabriquer de l’argent. On peut créer mille et une commissions, le compte de Icc services est indigent et famélique pour suffire à payer la minorité des spoliés. Le gouvernement n’est pas dupe de l’immensité du désastre et du destin des épargnants pris dans la nasse des cancres et voyous de la mafia du placement. Vous avez dit commission ? Il ne faut rien attendre de ces initiatives. Le médecin s’agite après la mort du patient. Pensons plutôt aux obsèques au lieu de se laisser nourrir de vain et inexistant espoir. C’est foutu !
Le plan de Icc services et ses cerveaux de la délinquance du placement d’argent a fonctionné à merveille. Il y a pire dans la vie que de perdre l’argent, c’est par exemple perdre un être cher. Il vaut mieux imaginer le pire et s’en remettre à Dieu. Et que Dieu, puisqu’il existe, se charge du sort des chefs du gang Icc services. La punition de la justice des hommes n’ira pas au-delà de cinq ans de prison pour cette vaste escroquerie. Que Dieu venge les épargnants car cette formule qui distille que " Dieu ne veut pas la mort du pécheur " a de tout temps dilué ce qui doit être la crainte de Dieu. Mais problème, des soi-disant serviteurs de Dieu se sont mêlés à la méchante escroquerie.
L’épilogue du feuilleton Icc services peut être intitulé :" Remboursement impossible." Ainsi va, enivrante et cruelle la vérité. Guy Akplogan, Emile Tégbénou et leurs sales copains escrocs savaient tout cela. Ils ont brisé notre rêve de gagner beaucoup d’argent sans travailler. On avait cru à leur capacité à multiplier l’argent et à produire des millionnaires. Hélas ! Maintenant, il faut au moins tenter de sauver les petits épargnants et atténuer le choc national.
15-07-2010, Sulpice O. GBAGUIDI















