Au revoir 2010, bienvenu 2014 au Brésil
La 19ème édition de la coupe du monde Afrique du Sud 2010 se conjugue désormais au passé avec le sacre de l’Espagne (1-0) face aux Pays-Bas. Outre une organisation réussie de l’Afrique du Sud, on peut noter que pour cette première édition sur le continent noir, les équipes africaines sont passées à côté de la plaque. Seul le Ghana a pu sauver la face en accédant en quart de finale quand bien même il avait la balle des demi-finales dans les ultimes secondes des prolongations.
32 équipes, 64 matches et des milliers de supporters ont pendant 30 jours focalisé l’attention de toute la planète terre. La 19ème édition de la coupe du monde, la première en Afrique a connu pour la première fois le sacre de la Roja d’Espagne. Une première pour l’équipe espagnole qui a également permis au vieux continent, l’Europe de gagner la plus prestigieuse compétition du football sur un autre continent. Au regard de la finale de 2006 en Allemagne (France-Italie) et celle de 2010 en Afrique du Sud Espagne-Pays-Bas), on constate que l’Europe continue de dominer le monde avec son football. En témoignent ses différents championnats qui constituent des pôles d’attraction pour les joueurs venus de l’Amérique, de l’Asie et de l’Afrique. Le constat qui est fait est que les grandes sélections des différents pays européens qui ont pris part à cette édition en Afrique du Sud ont laissé leurs empreintes. L’Espagne à travers son style de jeu inspiré du Fc Barça ainsi que la Hollande dont le style de jeu tire son essence de l’Ajax d’Amsterdam ont marqué les esprits.
La grande déception de l’Afrique
Alors que la 19ème édition de la coupe du monde s’est déroulée sur le continent noir, l’Afrique malgré ses six représentants n’a pas pu aller loin. Seuls les Black stars du Ghana sont parvenus à sauver la face avec leur qualification pour les quarts. En fait, l’équipe du Ghana battu son propre record puisqu’elle a été éliminée en huitième de finale en 2006 en Allemagne par le Brésil. En quart de finale, Gyan Asamoah, André Ayew, Sulley Ali Muntari et autres Richard Kingston sont passés in extremis à côté de l’exploit devant une splendide équipe uruguayenne conduite de main de maître par Diego Forlän. Après un match nul (1-1) au terme du temps réglementaire, les deux équipes doivent recourir aux prolongations avant une probable séance de tirs au but. C’est au terme de ces prolongations que le Ghana avait bénéficié d’un penalty. Une petite concentration aurait peut-être suffi à Gyan pour propulser le Ghana en demi-finale. Mais le ballon de l’espoir a trouvé la transversale.
Les Lions ne sont pas encore prêts
Trois matches, trois défaites. C’est le triste bilan qu’on peut faire de la participation des Lions indomptables à la 19ème édition de la coupe du monde en Afrique du Sud. Pour la première fois dans une phase finale de la coupe du monde, le Cameroun (détenteur du record en Afrique avec 6 participations) sort de la compétition sans le moindre point. Paul Le Guen et ses poulains ont pris tout leur temps à gérer les problèmes des vestiaires au lieude se concentrer sur l’essentiel. Le Cameroun qui avait ouvert la voie des quarts de finale en 90 en Italie avec avoir réussi à battre l’Argentine en match d’ouverture avant d’être éliminé en quart de finale par l’Angleterre de Gary Lineker. Il va donc falloir que les Lions indomptables reviennent en de meilleurs sentiments et se remettent rapidement au travail.
Les Super Eagles ont manqué de superlatif
Huitièmes finalistes (94 et 98), les Super Eagles ont profondément déçu lors de cette coupe du monde en Afrique du Sud. Alors que les problèmes de primes sont réglés, les Nigérians n’ont pas gratifié leurs supporters de la « folie » qu’on leur connaît lors de ces grands rendez-vous. La détermination, la rage de vaincre des Jay-Jay Okocha, Rufaï, Eguavon, Ikpeba, Sunday Oliseh, Garba Lawal, Vincent Eneyeama et autres Rachidi Yekini ont manqué à Yakubu, Arouna et consorts en Afrique du Sud. Le Nigeria a non seulement raté sa coupe du monde, mais aussi a péché puisqu’il lui fallait une victoire de deux buts de différence pour se qualifier pour le second tour.
L’Afrique du Sud prend son essor
Dans la nation arc-en-ciel, un seul nom avait retenu les attentions. Il s’agit de Carlos Alberto Pareirra, entraîneur des Bafana Bafana. Pendant plusieurs années, l’ancien champion du monde en 94 avec le Brésil de Dunga et de Bebeto en tant qu’entraîneur a semé le football sud africain qui avait entre-temps perdu ses repères. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud peut se targuer d’avoir une équipe qui pourrait prendre un grand essor si la Fédération sud africaine de football (Safa) arrive à entretenir la graine mise en terre par Pareira. Un entraîneur local qui sera désigné devra se mettre résolument au travail. Et il va falloir lui laisser les coudées franches pour opérer.
Revoir le système algérien
Trois matches, un nul et deux défaites contre zéro but marqué, c’est le point de la participation des Fennecs d’Algérie à Afrique du Sud 2010. Qualifiés sur le fil après une rencontre inédite face aux Pharaons d’Egypte, les Fennecs d’Algérie ont fait montre d’une intense rigueur dans le jeu sans toutefois trouver le chemin des filets. Rabah Sâadane a fait preuve de beaucoup de rigueur et était d’ailleurs le seul entraîneur africain à cette coupe du monde au pays de Mandela. Après 24 ans de disette, l’Algérie fait son retour sur la scène mondiale sans toutefois créer la sensation de 82 avec la génération des Rabah Madjer.
Les grandes surprises
Afrique du Sud 2010 a révélé assez de surprises. La France, finaliste en 2006 a été sortie par la petite porte. Les bruits des vestiaires et les problèmes internes ont eu raison des Bleus.
L’Italie, championne en titre a été aussi sortie au premier tour au même titre que la France. Pour la première fois, le champion en titre est éliminé au premier tour.
Aussi, pour la première fois, l’Espagne vainqueur de cette coupe a été battue lors de son premier match. C’est en Afrique du Sud que l’Europe a remporté son premier titre sur un autre continent.
Bienvenu au Brésil
Eliminés en quart de finale par une équipe hollandaise pétillante de forme, les Auriverde vont organiser pour la deuxième fois la coupe du monde 2014 après celle de 1950. L’équipe de Dunga qui avait quitté précipitamment l’Afrique du Sud s’affaire déjà pour mettre les bouchées doubles afin de réussir cette fête mondiale. Mais avant, le Brésil va bénéficier d’un test grandeur nature puisqu’il organise les prochains Jeux Olympiques en 2012. Donc, le pays de Lula aura encore deux ans de grâce pour bien organiser la coupe du monde. Alors vivement 2014.
13-07-2010, Ambroise ZINSOU


















