Les raisons de la non signature de l’APE en Afrique de l’Ouest au cœur des échanges
Les journalistes économiques du Bénin se sont retrouvés vendredi dernier dans le cadre de leur rencontre mensuelle pour s’informer sur les raisons de la non signature de l’Accord de partenariat économique (Ape). Au terme des échanges, le communicateur principal, Aurelien Atidégla a estimé que l’une des raisons majeures de la non signature de l’Accord de partenariat économique (APE) reste l’absence de consensus entre les parties sur l’offre d’accès au marché de l’Afrique de l’Ouest.

- Abel Gbètoénonmon, coordonnateur/ Rejeb
Organisée par le Réseau des journalistes économiques du Bénin (Réseau-Jeb) en partenariat avec la Friedrich Ebert Stiftung (Fes), cette première rencontre de l’année 2010 vise spécifiquement à informer les journalistes économiques sur les « fondements et implications de la non signature de l’Ape et les enjeux actuels des négociations en Afrique de l’Ouest ». Cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la participation des médias à la mise en œuvre de l’Accord de Cotonou, est animée par Akuété Johnson, conseiller aux négociations commerciales et Monsieur Aurélien Atidégla, représentant de la société civile au sein du comité de négociation sur l’Ape et vice Président de la Plate-forme des acteurs de la société civile au Bénin (Pascib). Sur la question de l’offre d’accès au marché, les communicateurs ont expliqué les positions de l’Union européenne et de l’Afrique de l’Ouest. Des positions qui sont encore très peu conciliantes. Pendant que l’Afrique de l’Ouest estime compatible avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) une ouverture de son marché entre 60% et 70%, la partie européenne continue de réclamer une ouverture minimale de 80% du marché ouest africain pour les produits en provenance de l’Union européenne. Akuété Johnson est revenu sur les autres points de divergences notamment en ce qui concerne la dimension développement à travers le Programme APE pour le développement (Paped), la prise en compte ou non des prélèvements communautaires dans le démantèlement tarifaire et l’intégration ou non dans l’accord du principe de la clause de la Nation la plus favorisée (qui concerne la non-discrimination entre partenaires commerciaux). Aurélien Atidégla a pour sa part noté avec regret une situation de lassitude générale au niveau de la plupart des acteurs impliqués dans les négociations. Pour lui, cela se traduit par un absentéisme des ministres aux sessions du Comité ministériel de suivi. Sur 32 ministres attendus (Commerce et Finances de seize pays), a-t-il précisé, à peine 2 à 4 ministres siègent effectivement. Le reste des participants siégeant au nom des Etats ont dans les meilleurs cas le rang de hauts fonctionnaires ou d’Ambassadeurs. L’Afrique de l’Ouest est partie d’une offre de libéralisation de 66,4% pour s’engager à atteindre un taux de 70% en lignes tarifaires comme en volume. Il a rappelé la position de la société civile qui a fixé l’ouverture à 60% et ajoute que les arguments utilisés par les négociateurs pour passer à ce taux de 70% ne se justifient pas. L’une des insuffisances majeures des négociations sur l’offre d’accès au marché, selon Aurélien Atidégla, est « la non prise en compte de l’impact fiscal net de l’APE et du caractère dynamique de nos économies ». Pour lui, le défi majeur pour la société civile est de travailler à la remise en cause de la proposition d’offre à 70% sur la base de travaux contradictoires et d’explications au niveau des Etats. Au titre de la plate-forme de la société civile, a rappelé Aurélien Atidégla , « la Région a apporté une mauvaise réponse technico-statistique à un problème politique mal formulé ». A l’ouverture des travaux présidés par le Secrétaire général du Réseau-Jeb, Guy Constant Ehoumi en présence du Président de la Pascib, Siméon Dossou et la Représentante résidente de la Friedrich Ebert Stiftung, Mme Uta Dirksen, il a été rappelé que les journalistes économiques doivent travailler à être de véritables catalyseurs du dialogue sur les enjeux de gouvernance et politique économiques aussi bien au niveau national qu’au niveau régional. Mme Uta Dirksen a déploré le fait que dans un pays moins avancé comme le Bénin, l’essentiel du débat public portent sur des questions de politique politicienne.
31-05-2010, Moussa EL-HADJI MAMA


















